04.02.2009

Au rythme du coeur

J'écoute, mon coeur, ton rythme au dedans de moi.

Et tu me dis...

C'est comme une machine qui tourne et qui lave.

Pour une vie qui peu à peu s'épure ?

C'est comme un train qui berce au long de ses voies.

Là où tu m'emmènes, puisque tu me portes, je suis en paix.

En moi un coeur bat, le tien.

23.01.2009

Résurrection au cimetière

Il fait moins dix degrés dans le cimetière de Province. Ils sont venus d’un peu loin, la maman âgée, les sœurs, beaux-frères, et quelques amis. J’accueille, je dis quelques mots, une prière, avant que l’on mette le cercueil en terre. L’homme avait 55 ans, il était malade depuis longtemps, donnait pourtant beaucoup de lui-même… J’essaye de faire écho comme je le peux à cette vie que je n’ai pas connue, et dont on a pu me parler seulement au téléphone.

Et puis le petit groupe s’attarde, va voir une autre tombe de la famille… a besoin visiblement de rester encore là, malgré le froid. Car - le sait-on assez ? - les mots réchauffent. Un ami s’anime, se met à parler.

« Un jour, j’étais au fond du trou, ma femme était partie. Plus aucun espoir avec elle, plus de force tout seul. Je me suis mis à prier, que le Dieu Tout Puissant m’envoie une autre femme, blonde et jolie… Trois jours plus tard, mon pote a sonné à la porte. Il était déjà malade, et il venait de se faire jeter à la rue. J’avais pas trop le cœur à inviter, mais j’ai pas osé dire non. Il est resté chez moi un an ! Sa joie de vivre, son courage devant la maladie, son humour, m’ont permis de refaire surface. Quand il est parti, j’étais à nouveau debout. »

Un ressuscité au bord du caveau.

26.12.2008

Noël, l'esprit ailleurs

Noël, jour de mal-être intérieur, depuis bien longtemps. Devoir courir dans la ville pour d’incontournables et écoeurantes courses, et rechercher le silence pour recueillir en soi-même quelque chose de très précieux à dire aux autres. Prêter la main (oh, modestement !) aux préparatifs du festin, sentir le chapon qui commence à cuire, alors que dans un quart d’heure ce sera le temps de la Rencontre, au temple, et qu’on risque bien d’y être en retard. Entendre son enfant ahuri demander pourquoi il faudrait bien aller au culte ce matin-là ; on ne peut même pas profiter de ses jouets…

Mes deux plus beaux Noëls ? Que ma famille me pardonne, c’était sans elle. A Ouagadougou, partager une orange près du portail de la maison, avec le veilleur de nuit, près d’un maigre feu. A Paris, un an plus tard : j’étais allé retrouver un SDF à qui j’avais donné rendez-vous dans une gare, pour aller boire un pot. Le gars n’était pas là, mais moi j’y avais cru.

Je cherche chez François d’Assise quelque consolation. Je pense à un jour de Pâques, où il s’était déguisé en pèlerin mendiant pour frapper à la porte de ses frères qui faisaient bombance, et s’asseoir par terre avec une écuelle. Sacré François ! Mais c’était un jour de Pâques. Noël, pour lui, est tout différent. Je le relis, et m’en surprends.

« Il disait : je voudrais qu’en cette fête, les murs eux-mêmes puissent manger de la viande,ou du moins qu’on les frotte de graisse, puisqu’ils ne peuvent manger. Il désirait que les pauvres et les mendiants soient régalés ce jour-là par les riches, et que les bœufs et les ânes reçoivent une ration supplémentaire d’avoine et de foin. Il disait : si je voyais l’empereur, je le supplierais de publier un édit ordonnant à tous ceux qui le peuvent de semer du grain sur les routes, en ce jour de fête, pour le régal des petits oiseaux et surtout de nos sœurs les alouettes ».

Apprends donc à te réjouir. Noël est cosmique.