25.02.2008

Une liberté souveraine

Un petit homme, au charisme puissant. Toujours en mouvement, en déplacement. Une volonté ferme de ne pas s'en tenir aux règles et aux habitudes de la société... C'est François d'Assise.

Il y a chez François une souveraineté extraordinaire. Une sagesse et une liberté pour vivre, penser, se comporter souverainement, sous l'action de l'Esprit de Dieu. Il suffit de lire son Testament, qui a continué d'inspirer les franciscains malgré la méfiance du pape Grégoire IX. En de nombreux passages, il écrit : "je veux, je veux fermement." François ne veut pas projeter sur les autres des fantasmes de toute puissance : il est au contraire celui qui sans cesse rejette les formes de possession et de pouvoir qui aliènent les hommes. Mais il veut manifester son attachement à l'essentiel qui l'a mis en route, et qui vibre au fond de lui. Etre fidèle à ce qu'il entend de la volonté du "Très Haut".

Ainsi écrit-il : "nous étions simples et soumis à tous. Pour moi, je travaillais de mes mains, et je veux travailler ; tous les frères, je veux fermement qu'ils travaillent à un métier honnête." (Testament, § 19).

Ainsi a-t-il refusé d'avoir pour règles celles de St Benoît, de St Augustin, de St Bernard. Ces règles ressemblaient trop à la transposition de pouvoirs humains de la société séculière à la communauté religieuse. Elles ne faisaient pas assez de place à l'appel singulier de chacun dans la communauté. François a voulu avoir pour unique règle de "vivre selon le saint Evangile".

Ainsi, quelques jours avant sa mort, alité dans la ville d'Assise et en proie à de grandes souffrances, fait-il chanter les louanges de Dieu par quelques frères. Alerté par certains, le responsable de l'Ordre, frère Elie, s'inquiète : est-il convenable de montrer une telle joie si près de la mort ? Ne vaudrait-il pas mieux penser à cette mort et s'y préparer dans la pénitence ? Et François lui répond : "laisse-moi, frère, me réjouir dans le Seigneur et chanter ses louanges au milieu de mes souffrances... par la miséricorde du Seigneur, je peux bien me réjouir dans le Très Haut lui-même."

Commentaires

Merci pour ce radieux rappel de notre frère François, de ce qu'il fut, de ce qu'il continue d'être pour nous: invitation à l'admiration, à la louange... Le seul fait de penser à lui, et on est séduit! Merci, votre message est très beau. On ne s'en lasserait pas...

Ecrit par : Luc Bartramie | 26.02.2009

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