21.10.2008
Le bouc, la guêpe et le roquet
"Les coupables vont payer" a dit Nicolas. C'est chez lui comme une sorte de réflexe. Autrefois le karcher dans les banlieues, aujourd'hui les traders fous, les parachutes dorés et les paradis fiscaux. Il y a une sorte de regard magique sur le corps social : il faut identifier ceux qui ont concentré l'esprit du mal, et les exclure pour que le peuple en guérisse. Le peuple n'est malade que de la présence de ces maudits ; il n'a donc pas à s'inquiéter de sa politique d'intégration, de ses désordres structurels de son système économique, ou de sa façon de vivre et de consommer
Bouc-émissaires ? Dans l'Israël ancien, le bouc était consciemment chargé des péchés du peuple, qui au moins les reconnaissait. L'image adéquate, dans les invectives de Nicolas, serait plutôt celle de la guêpe qui ronge le fruit. Le fruit est bon, puisqu'il attire la guêpe. Il suffit de couper la partie abîmée, et le fruit redevient présentable. Le peuple est bon, vous dis-je..
On trouverait peut-être mieux, dans le bestiaire. Un roquet, tiens. Dodu et hargneux... comme un reflet de son maître. Bon, je ne dis pas que nous soyons un peuple dodu et hargneux (encore que certains Outre-Mer le pensent peut-être). On peut avoir de la tendresse aussi pour un roquet. Mais le roquet est en quelque sorte le produit de son maître. Ce n'est pas en mettant le chien au chenil qu'on soigne le maître.
Mais je vois déjà que je fais de Nicolas une nouvelle guêpe à chasser... Or s'il parle ainsi, et s'il est président, c'est qu'il est notre reflet. Avant tout autre réflexe, ouvrons les yeux sur nous-mêmes, et écoutons une parole qui vient de plus loin.
10:20 Publié dans L'air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, crise financière, bouc-émissaire, parachutes dorés, paradis fiscaux
Commentaires
Dire tout ça avec simplement trois petites bêtes, c'est franchement chouette!
Très égoïstement, étant donné le plaisir que c'est de vous lire, je suis désormais dans l'attente des animaux suivants.
Veuillez agréer, cher apprenti chrétien, mes meilleurs sentiments un peu lents comme le boeuf de la crèche, tendres comme le gris de la robe des ânes, mordants comme le pince-oreilles, et divers comme le caméléon.
A vous la balle, elle est dans votre camp (à propos de l'actualité bien sûr, pas pour me répondre).
Ecrit par : Luc BARTRAMIE | 22.10.2008
" s'il parle ainsi, et s'il est président, c'est qu'il est notre reflet" ... oui, ou s'il est Président, c'est parce qu'il sait parler en se faisant notre reflet ... et la conclusion reste.
Soignons donc, si nous le pouvons (?), tout le corps social.
Ecrit par : FrédéricLN | 22.10.2008
Un homme politique peut-il soigner le corps social ? Je ne sais pas. Je n'en suis pas sûr. Ce n'est sans doute pas sa vocation. Mais au moins ne pas trop aggraver la maladie...
Quant à nous... on essaye ?
Ecrit par : apprenti chrétien | 23.10.2008
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