23.01.2009

Résurrection au cimetière

Il fait moins dix degrés dans le cimetière de Province. Ils sont venus d’un peu loin, la maman âgée, les sœurs, beaux-frères, et quelques amis. J’accueille, je dis quelques mots, une prière, avant que l’on mette le cercueil en terre. L’homme avait 55 ans, il était malade depuis longtemps, donnait pourtant beaucoup de lui-même… J’essaye de faire écho comme je le peux à cette vie que je n’ai pas connue, et dont on a pu me parler seulement au téléphone.

Et puis le petit groupe s’attarde, va voir une autre tombe de la famille… a besoin visiblement de rester encore là, malgré le froid. Car - le sait-on assez ? - les mots réchauffent. Un ami s’anime, se met à parler.

« Un jour, j’étais au fond du trou, ma femme était partie. Plus aucun espoir avec elle, plus de force tout seul. Je me suis mis à prier, que le Dieu Tout Puissant m’envoie une autre femme, blonde et jolie… Trois jours plus tard, mon pote a sonné à la porte. Il était déjà malade, et il venait de se faire jeter à la rue. J’avais pas trop le cœur à inviter, mais j’ai pas osé dire non. Il est resté chez moi un an ! Sa joie de vivre, son courage devant la maladie, son humour, m’ont permis de refaire surface. Quand il est parti, j’étais à nouveau debout. »

Un ressuscité au bord du caveau.