20.07.2009

Larmes de mariage

Mariage au temple. Cérémonie émouvante, où les mariés ont mis beaucoup d’eux même à travers plusieurs textes – y compris celui des deux qui se dit athée. Je frissonne quand ils s’échangent leurs consentements, les yeux dans les yeux, avec des mots qui sont tellement les leurs...

Et comme souvent, je constate la grande attention de l’assemblée pour une liturgie simple, ouverte, bienveillante. Quand les mariés sont sortis, sous les pétales de fleurs, une jeune femme vient me trouver : « je ne suis pas croyante ; mais je veux vous remercier, ce qui s’est passé m’a beaucoup touchée. Je ne pensais pas qu’on pouvait vivre cela, dans une église. » Et elle fond en larmes.

Mystère de ces larmes. Où a-t-elle mal ? Qu’attend-elle secrètement, qu’elle ne pensait pas possible ? Quelle joie la rejoint ? Je pense à un Dieu qui veut s’approcher de la vie des hommes. Et aux Eglises qui si souvent s’en éloignent. Je suis heureux et je suis triste.

Merci pour ces larmes.

04.02.2009

Au rythme du coeur

J'écoute, mon coeur, ton rythme au dedans de moi.

Et tu me dis...

C'est comme une machine qui tourne et qui lave.

Pour une vie qui peu à peu s'épure ?

C'est comme un train qui berce au long de ses voies.

Là où tu m'emmènes, puisque tu me portes, je suis en paix.

En moi un coeur bat, le tien.

20.02.2008

Colchiques dans le ciel

Page méditative... en plein vent.
Une adaptation du psaume 19, à fredonner sur l'air de "colchiques dans les prés".

1. Seigneur, tes paroles, fleurissent, fleurissent
Seigneur, tes paroles, fleurissent dans mon coeur.
- Et le ciel proclame que tu es vivant, toutes les étoiles le disent en brillant.

2. Seigneur tes conseils, sont justes, sont justes
Seigneur tes conseils sont justes et fortifiants.
- Et le ciel proclame que tu es vivant, chaque jour en parle à son jour suivant.

3. Seigneur tes vérités éclairent, éclairent
Seigneur tes vérités éclairent mes sentiers.
- Et le ciel proclame que tu es vivant, chaque nuit t’acclame silencieusement.

4. Seigneur tes désirs m’attirent, m’attirent
Seigneur tes désirs m’attirent comme l’or.
- Et le ciel proclame que tu es vivant, le soleil s’enflamme en prenant son élan.

5. Seigneur ton amour s’écoule s’écoule
Seigneur ton amour s’écoule comme un miel.
- Et le ciel proclame que tu es vivant, il murmure à l’âme qui médite en aimant.

23.11.2007

Il y a toujours un chemin

Il y a toujours un chemin. Il n’y a pas d’être humain dont la naissance soit une condamnation. Et toute vie peut prendre sens, c’est-à-dire, en ultime instance, mériter d’être vécue.

Je le crois. Mais c’est une foi. Et une foi aussi risquée, aussi peu vraisemblable à l’esprit du monde, que de croire à la résurrection des corps. En vérité, c’est la même foi.

Et qu’est-ce qu’elle donne, qu’est-ce qu’elle change ? Ceci : qu’une telle foi m’interdit de désespérer de qui que ce soit. Elle ne me donne pas du tout de savoir en quoi la vie vaut mieux que la non-vie ; cela m’échappe, y compris pour les vies apparemment réussies, y compris pour ma propre vie. Mais elle me donne de ne pas me lasser d’espérer en tout être humain.

Du coup, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir, pour que toute vie humaine ait sa chance, son espace de liberté, le soin utile, le nécessaire à ses besoins. Je n’aurai jamais le droit de désespérer.

Maurice BELLET

Que reste-t-il ?

Que reste-t-il sur mon coeur
De tant de paroles entendues et dites en ton nom ?
Quelle trace en demeure donc en moi ?
Toi seul pourrais le dire, Seigneur,
Mais laisse-moi pourtant oser quelques mots !

Quand je te découvre Père de Jésus-Christ
Je veux dire le mot : Bienveillance.
Bienveillance envers les hommes, à qui tu donnes ta paix.
A chacun tu dis, comme tu l’as dit à Jésus :
" tu es mon enfant bien-aimé ".

Je veux dire aussi le mot : Espace.
Tu parles dans les interstices de nos existences,
Dans l’espace de nos silences,
Dans les appels de nos fragilités.
Et nous en restons le coeur tout étonné et brûlant.

Et encore ce mot : Miséricorde.
Tu te rends proche des coeurs de pauvres.
Je ne t’entends jamais si bien
Que quand le pauvre parle en vérité.
Un pauvre crie... le Seigneur entend.

Et quand la vie éclot, c’est le mot : Grâce
Qui me vient aux lèvres.
Tu es la source qui me permet d’aimer et d’agir.
Et si j’ai donné de tout mon coeur,
Apprends-moi à mieux me dé-saisir
De ce que mes mains veulent retenir.
Par toi seul nous pouvons être le sel de la terre.

Que restera-t-il encore de tout cela
Aux jours de la déception, de la solitude, de la souffrance ?
Quels mots pourrai-je alors encore te dire ?
Toi seul le sais, Seigneur. Mais aujourd’hui je dis :
Quand tout s’écroulerait, tu serais encore là.
Je pense au jour de ma mort comme un jour de rencontre.

L'apprenti chrétien

Les chaussures d'Anaïs

Un jour une petite Anaïs priait ainsi : “ Cher Dieu, si tu regardes bien à l'église, dimanche prochain, je te montrerai mes nouvelles chaussures ” (Lettres à Dieu, Bayard éditions, 1998, p. 58).

Anaïs nous invite à prier à notre tour !

Ô Dieu, merci.
Parce que nous aussi, nous pouvons t’appeler cher Dieu, comme un ami très proche.
Parce que nous pouvons partager avec toi ce qui nous fait plaisir, ce qui nous réjouit, toutes les petites et grandes nouvelles de la semaine.
Parce que tu nous prends comme nous sommes, avec nos petits et grands défauts, pour nous emmener un peu plus loin vers la vie et vers les autres.
Parce que tu veux bien regarder nos nouvelles chaussures, et que tu nous invites à nous en servir pour marcher sur ton chemin de paix et d’amitié.
Parce qu’en Jésus-Christ, tu mets en nous un coeur encore plus neuf que nos nouvelles chaussures.
Amen !